Le Parti de gauche, rongé par la désertion de ses militants

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Mélenchon est l’exemple-type, l’illustration parfaite du rôle et de l’utilité de la maçonnerie dans le jeu politique. Ce frère la truelle d’arrière-grand-père à petit-fils a été utilisé en 2012 pour récupérer au profit de Hollande 11% de l’électorat qu’il lui a offert sans contrepartie aucune, pour ensuite disparaître au vu de son inutilité et de ses trahisons (le peuple n’est tout de même pas dupe). Il aura certainement une autre partition à jouer, concoctée dans les loges…


Rien ne va plus au Parti de gauche. Les rangs militants se vident peu à peu dans ce parti géré par Jean-Luc Mélenchon et sa garde rapprochée. 

C’est une longue débandade. En quelques mois, le Parti de gauche a perdu un adhérent sur quatre, à en croire le compte rendu du bureau national tenu les 18 et 19 janvier. Le parti, qui revendiquait 12 000 adhérents depuis 2012, aurait chuté à 9 000 adhérents à jour de cotisations en janvier 2014, quelques mois avant les élections municipales. Sollicitée, la direction du parti n’a pas tenu à s’expliquer. Une source proche justifie ce chiffre comme relevant de banales mises à jour administratives, les adhérents ne renouvelant pas à temps leurs adhésions.

Sauf que, comme les adhérents, une partie de la direction jette l’éponge. La démission de Corinne Morel-Darleux, fin juin, signe la fuite en avant d’une partie des cadres. L’ancienne secrétaire nationale à l’écosocialisme a annoncé son départ dans un courrier interne. Malgré une volonté visible d’apaisement, elle dit souhaiter « libérer (son) temps et (son) énergie des dérives de pratiques et d’enjeux personnels qui se sont hélas installés en interne » pour y préférer un « travail de terrain ». Laurence Pache, secrétaire nationale à l’aménagement territorial, a également annoncé fin juin, selon Le Figaro, qu’elle quittait la direction du parti, dont elle n’accepte plus les « méthodes de travail et de fonctionnement ». Les deux intéressées ont refusé de s’exprimer.

Le parti du chef

Départs et démissions s’enchaînent. En cause, la gestion très centralisée du parti. Tenu d’une main de maître par Jean-Luc Mélenchon et sa garde rapprochée, il peine à maintenir le dialogue avec sa base militante. « Il y a des débats qui sont feutrés et ne disent pas leur nom. On ne peut parler si le chef n’a rien décrété », reconnaît Nathanaël Uhl, ex-cadre du Parti de gauche, qu’il a quitté en janvier. Un sentiment commun à la plupart des démissionnaires, celui d’une écoute rompue.

En interne, on critique la ligne et la méthode. Le député et fondateur du parti Marc Dollez le premier – il a quitté le Parti de gauche en 2012 – déplorait déjà « l’expression médiatique » du chef qui, à son sens, concentre ses critiques sur les socialistes plutôt que sur la droite, rendant « inaudibles » leurs propositions « à cause de l’outrance du verbe », confiait-il à Libération en décembre 2012.

Départs collectifs

Certaines démissions sont particulièrement bruyantes. En février, plus d’une cinquantaine de militants d’Aquitaine a quitté le parti, pour contester la façon dont le candidat pressenti pour les municipales de Périgueux, Maurice Melliet, a perdu son investiture. Motif : il avait partagé un apéritif en présence de l’ancien maire UMP de Périgueux, Yves Guéna.

Le candidat était déjà dans le collimateur du parti pour ses liens d’autrefois avec l’extrême droite, a quant à lui justifié Jean-Luc Mélenchon, le parti n’acceptant aucune « collusion ou arrangement » avec la droite, a complété Martine Billard dans un communiqué. Les démissionnaires ont eux regretté dans un communiqué »l’absence d’écoute » de la direction du parti, qui devient « un appareil autoritaire qui ne (leur) permettra pas de construire un parti de masse », ajoutent-ils.

Même cas de figure au Mans, en novembre 2013, où une vingtaine d’adhérents ont quitté le parti après l’exclusion de François Edom, adjoint aux sports à la mairie, qui souhaitait rejoindre la liste menée par le Parti socialiste pour les municipales, en dépit des consignes nationales. Une sanction entraînant, dans la cascade de départs, celui de Patrice Perdereau, membre du conseil national.

Casse-tête électoral

Outre le tempérament de Jean-Luc Mélenchon, certains gardent des dernières élections un souvenir amer. Alors que Mélenchon se disait certain de devancer les socialistes aux européennes, le Front de gauche ne recueille que 6,6 % des suffrages. L’une des raisons : « La cacophonie autour des élections municipales », confie la coprésidente du Parti de gauche, Martine Billard, à Politis le 3 juillet. En effet, dans de nombreuses communes, le Parti de gauche a refusé de s’allier au Parti communiste, lui-même allié aux socialistes. Une stratégie fortement discutée en interne par les adhérents, et à l’extérieur du parti aussi, par les communistes.

Après un relatif silence médiatique, Jean-Luc Mélenchon s’est récemment fendu d’un communiqué, le jour du vote du budget de la Sécurité sociale à l’Assemblée. Les frondeurs socialistes sont des « couteaux sans lame », y lance-t-il, regrettant qu’ils se soient abstenus au lieu de voter contre, tandis qu’il leur a adressé de nombreux appels du pied. Une nouvelle fois, le PS pris pour cible.

Nina Bontemps Terry

http://www.lepoint.fr/politique/le-parti-de-gauche-ronge-par-la-desertion-de-ses-militants-12-07-2014-1845585_20.php

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