Christophe Colomb , Fernando Torres et les Tribus perdues d’Israël

En l’honneur du jour anniversaire de Christophe Colomb aux Etats-Unis –qui se déroulait le lundi 14 octobre 2013- et de ma passion pour le football, j’ai décidé d’explorer les liens insoupçonnés entre l’un des joueurs de football les plus talentueux sur terre – l’Espagnol de naissance, Fernando Torres et Colomb .

Eh oui! Elle est bien ronde, comme un ballon de football!

A Liverpool, jouant en Première division de la Ligue Britannique, il a marqué 50 buts en Ligue, bien plus vite que n’importe quel autre joueur de toute l’histoire du club. Le 15 mai 2013, Torres Article original a remporté la Ligue Europa de l’UEFA, avec Chelsea, rejoignant son équipier Juan Mata pour devenir, ensemble, les premiers joueurs à avoir gagné les quatre coupes, de la Champion League, de l’Europa League, de la Coupe du Monde et des Championnats européens, simultanément. Mais qu’est-ce que tout ceci peut bien avoir à faire avec Christophe Colomb ? Et bien, il y a énormément de points de convergence avec Colomb et les raisons secrètes mêmes pour lesquelles il s’est embarqué vers l’Amérique. Pour le découvrir, il suffirait presque de suivre les matchs de foot !

Récemment, j’ai consacré un article au tennis, plus précisément à celui du n°1 du tennis mondial, Rafaël NadalArticle original. Et je soulignais que, des deux côtés, de son père et de sa mère, il est d’origine « juive », c’est-à-dire., “converso” Article original.

Les conversos sont ces Juifs, qui, il y a quelques 500 ans, se sont convertis au Christianisme, en Espagne, alors qu’ils étaient impitoyablement traqués par l’Inquisition. L’une des familles juives prééminentes, à l’époque, était la famille Torres. Certains ont adopté le Christianisme et sont demeurés en Espagne, les autres ont fui vers divers pays et ont conservé leur foi et leurs pratiques juives. Certains ont dû vivre une double-vie –Chrétiens à l’extérieur et Juifs dans leur propre maison.

Je ne sais pas si Fernando Torres, lui-même, est d’origine juive. Ce que je sais vraiment, c’est que Torres est un nom Juif/converso. Par exemple, un célèbre dramaturge du XVème siècle s’appelait Bartolome de Torres Naharro. Nous tenons pour un fait établi qu’il s’agissait d’un converso et, en dépit du fait qu’il a prononcé ses vœux sacerdotaux pour attester de son engagement envers sa nouvelle foi, l’Inquisition a mis ses livres à l’index, c’est-à-dire, sur la liste de la littérature hérétique, que les croyants devraient éviter de lire. S’il est d’origine juive, Fernando Torres est un descendant de ces Juifs contraints d’abandonner leur foi.

Mais il y a aussi des membres de la famille Torres qui ne se sont pas convertis, ont quitté l’Espagne et migré dans divers coins du globe. Aux Etats-Unis, « Torres » est un nom juif d’origine espagnole très courant. Ce doit être unecoïncidence, mais des gens qui portent ce nom semblent disposer de capacités sportives, parfois, exceptionnelles. La nageuse Dara Grace Torres Article original , née en Californie, est l’une des nageuses les plus célèbres, pour avoir remporté 12 médailles au cours de 5 Olympiades différentes. Mais elle a, ainsi, réalisé l’impensable. A l’âge de 41 ans, à peine 15 mois après avoir donné naissance à son premier enfant, elle a remporté la médaille d’or au 100 mètres nage libre des championnats nationaux américains, à Indianapolis. De façon assez étrange, Fernando et Dara se ressemblent presque comme deux gouttes d’eau :


Fernando et Dara, Séparés par l’Inquisition?

Mais, puisque c’est la semaine où nous célébrons la Journée de Christophe Colomb, et que je promets d’établir un lien entre le joueur de football, la nageuse et le célèbre découvreur de l’Amérique, je dois parler d’un Torres dont les réalisations ne sont pas célébrées à leur juste valeur. Il s’appelait Luis de Torres. C’était un Juif qui, selon la légende, s’est littéralement converti sur le quai, avant d’embarquer sur le navire de Colomb. Les cinéastes ont peint le voyage historique de Colomb vers l’Amérique comme un évènement marqué par des couronnes de fleurs et des femmes abandonnant des foulards colorés. La réalité est qu’il s’est embarqué pour le Nouveau Monde, le9ème jour du mois juif d’Av, le jour le plus sombre du calendrier juif, le jour où les deux Premier et SecondTemple de Jérusalem furent détruits. Ce fut aussi le jour où les Juifs d’Espagne ont été expulsés. Colomb a quitté le rivage à la tombée de la nuit et à sa droite et à sa gauche, il y avait des navires chargés de milliers de Juifsfaisant leurs adieux aux familles qui avaient été converties de force, et la terre où ils avaient établis leurs maisons depuis plus de 1000 ans.

Les gens pensent que le Roi Ferdinand et la Reine Isabelle de Castille parrainaient le voyage de Colomb. Pas tant que cela. Tout ce qu’ils ont fait, c’est donner leur approbation à son exploration. Le voyage de Colomb étaittotalement financé par les Conversos, Luis de Santangel, le chancelier d’Espagne à la Maison Royale et Gabriel Sanchez, le trésorier d’Aragon. Pour ce voyage, le navigateur et le médecin personnel de Colomb étaient des Conversos. De façon encore plus significative, « l’interprète » de Colomb était Luis de Torres, mentionné plus haut. Puisque Colomb naviguait ostensiblement vers les Indes, vous pourriez penser qu’il s’agissait d’untraducteur qui parlait Hindi. Mais Luis de Torres ne parlait pas du tout Hindi, sa spécialité était… l’hébreu.

Pourquoi donc Colomb avait-il besoin d’emmener avec lui un porte-parole en hébreu pour un voyage vers le Nouveau Monde ? Parce que, selon Simon Wiesenthal, dans son livre « les Bateaux de l’Espoir », Colomb ne cherchait pas l’Inde. Plus exactement, sa mission secrète consistait à retrouver les tribus perdues d’Israël. Après tout, les Juifs faisaient l’expérience d’une persécution sans précédent en Europe et la légende voulait que, au-delà d’une étendue d’eau mythique, les tribus perdues d’Israël avaient fondé un puissant royaume indépendant. Aussi les Conversos opprimés d’Espagne ont-ils financé Colomb dans le but de trouver un havre sûr pour leur peuple. Il s’agissait d’une forme de Sionisme médiéval – une tentative désespérée pour trouver une Terre Promise. Quand Colomb a mis le pied sur la terre ferme, et vu des indigènes, le premier homme descendu du bateau était Luis de Torres et les premiers mots qu’il a prononcés étaient, sans doute, en hébreu.

Si vous pensez que tout ceci est sacrément tiré par les cheveux, prenez ceci en considération : de plus en plusd’universitaires en sont venus à penser que Colomb lui-même avait un Converso d’origine.


Christophe Colomb était-il Juif?

Durant toute sa vie, comme tous les Conversos, Colomb est resté délibérément vague au sujet de ses origines et de son identité. Même aujourd’hui, l’Italie insiste pour dire qu’il était Christophoro Columbo, de Gênes, alors que l’Espagne revendique Cristobal Colon comme l’un des siens. En fait, de nombreux pays se l’arrachent, dont l’Italie, l’Espagne, la Pologne et même la Suède ! Aucune version officielle n’explique comment ce supposé pauvre fils de tisserand s‘est retrouvé au Portugal à l’âge de 25 ans, travaillant comme cartographe, sa grande culture généraleétant aux antipodes de ses racines modestes. En d’autres termes, Colomb gardait ses croyances secrètes. L’Inquisition n’était jamais loin.

Colomb a fait usage d’une grande diversité de symboles énigmatiques, sur divers documents. Par exemple, le sommet de l’angle gauche de chacune des 13 lettres qu’il a écrites à son fils Diego contenait les lettres hébraïques manuscrites Beit-Hei, signifiant « B’ezrat Hachem » avec l’Aide de D. »>Article original. Traditionnellement, les Juifs observants ajoutent ces lettres de bénédiction à leurs lettres. Aucune lettre à l’intention d’étrangers ne porte cette marque, et la seule lettre à Diego, dans laquelle on relève l’omission de ces signes, était destinée au Roi Ferdinand.

En outre, Colomb ne signait pas de son nom sur ses documents personnels. Au lieu d’une signature, il utilisait unsymbole secret – une signature triangulaire faite de points et ces lettres ressemblent à des inscriptions trouvées sur les pierres tombales des cimetières juifs en Espagne. Il ordonnait à ses héritiers d’utiliser cette signature énigmatique à perpétuité. Selon « l’Histoire des Marranes » de Cecil Roth, cet anagramme était un substitut scripturaire pour le Kaddish, une prière récitée à la Synagogue par les endeuillés, après le décès d’un parent proche. De cette façon, le subterfuge de Colomb permettait à ses fils de dire le Kaddish pour leur père crypto-Juif, lorsqu’il trouverait la mort.

L’un des mystères les plus opaques, concernant Colomb est qu’il semble avoir été un Génois qui ne parlait pas italien. De plus, ce type d’individu parmi les plus cultivés, a toujours intrigué les linguistes, avec son espagnol bourré de fautes grammaticales. Mais, plus récemment, Estelle Irizarry, un professeur de linguistique de l’Université de Georgetown, a analysé le vocabulaire et la syntaxe de centaines de lettres, de journaux de bord et de document manuscrits, rédigés par Colomb. Après une longue étude scientifique de plusieurs années, elle en conclut que le langage primordial écrit et parlé par l’explorateur était un espagnol castillan connu sous le nom de « Ladino », la langue quotidienne de la Communauté juive d’Espagne. En effet, l’investigation de Estelle Irizarry reprend la théorie au sujet de l’identité converso de Colomb en la transposant du domaine de la pure spéculationau domaine des sciences.

Aussi, il semble bien que Colomb était un Converso entouré d’autres Conversos et financé par des Conversos, lancés dans une tentative désespérée pour trouver une terre où ils auraient tous pu être ouvertement Juifs. Ils n’ont, en réalité, jamais trouvé les Tribus perdues d’Israël (cela dit, à ce jour, cela reste un principe fondamental du Mormonisme que les Américains natifs constituent les tribus perdues d’Israël). Ils ont, cependant, trouvé unhavre sûr pour les Juifs et je suis sûr que Colomb et les divers membres de la famille Torres qui le soutenaient auraient trouvé une consolation au fait que l’Etat d’Israël ait pu renaître et que son plus grand partisan soit lepays qu’ils ont fondé. Après tout, Luis de Torres n’a t-il pas été le premier colon européen à s’implanter au Nouveau Monde?

14 OCTOBRE 2013, 6:58 AM 23

Simcha Jacobovici Simcha Jacobovici est cineaste et journaliste canado-israélien. Il est trois fois lauréat du Prix Emmy « du reportage exceptionnel d’investigation » … More »>Article original

http://blogs.timesofisrael.com/fernando-torres-jews-and-christopher-columbus/
Aaptation : Marc Brzustowski.

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