Venezuela : comment l’opposition soutenue par les états-unis a recours à la terreur

L’opposition Vénézuélienne au président « chaviste » Maduro se livre à une véritable guérilla contre le pouvoir élu. Elle est systématiquement présentée par les médias occidentaux comme « démocratique » et « non violente » alors que les pseudo manifestants représentent les factions de la droite la plus dure, et qu’ils ont systématisé le recours à la violence, avec le soutien des états-unis. Une situation qui rappelle étrangement la « révolution » Ukrainienne…

Imaginons une manifestation, disons à Nantes, contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Alors qu’elle se termine, les partis politiques et associations qui l’ont convoquée ne la dispersent pas. Des groupes radicaux prennent le relais et commencent à construire des barricades. Ils sont aidés par les services de la municipalité. Une pluie de cocktails Molotov, de pierres et de pavés s’abat sur les CRS. Une partie du CHU et la totalité de l’Université sont réduits en cendres. Soudain, les CRS sont attaqués à balles réelles. Plusieurs d’entre eux décèderont. Ajoutons que la manifestation est financée par la Russie de Poutine et que, au sein des groupes radicaux, se trouvent plusieurs membres du Hezbollah libanais.

Alors que le gouvernement utilise toute la panoplie des moyens démocratiques pour enrayer la violence, les grands médias internationaux soutiennent cette démarche insurrectionnelle et accusent François Hollande d’être le bourreau du peuple français….Situation surréaliste et improbable ? Et pourtant elle est bien réelle. Elle constitue même un condensé de ce que vit le Venezuela depuis plusieurs semaines. Explications.

 

Qui sont les victimes ?

Depuis maintenant plus d’un mois, et alors que l’immense majorité du pays vit sereinement, neuf districts municipaux (municipios) sur les 335 que compte le Venezuela sont en proie à de véritables scènes de guérilla urbaine. Comme par hasard, ces neuf municipios sont tous dirigés par des maires d’opposition, et sont généralement le lieu de résidence des classes aisées. Drôle de « révolution populaire » qui n’existe que par le truchement des entreprises de communication…

A examiner de près qui sont les personnes décédées, on découvre que la plupart d’entre elles n’ont pas été victimes d’une sanglante répression, mais au contraire d’actions violentes de l’opposition.

A la date du 18 mars, on comptait 31 morts [1] dont :

  • 5 attribués à des institutions policières (dont une à la police de Chacao, dirigée par l’opposition). 23 membres des forces de l’ordre ont été mis en examen.
  • 6 personnes mortes à cause de barricades ou de fils de fer barbelés que les groupes de choc de l’opposition ont tendus dans les rues qu’ils contrôlent.
  • 8 personnes assassinées alors qu’elles tentaient de déblayer la voirie et de démonter des barricades.
  • 1 personne renversée par une voiture qui tentait de franchir une barricade.
  • 7 personnes mortes lors d’affrontements de tout type.
  • 2 personnes sont décédées car l’ambulance qui les emmenait à l’hôpital a été bloquée par une barricade.
  • 1 personne morte de manière accidentelle. Elle était montée sur un toit pour agresser les services de police dans la rue en contrebas. Elle est tombée en voulant redescendre [2].
  • pour 1 personne, la cause du décès reste à déterminer.

Dans ce total macabre, on dénombre cinq membres de la guardia nacional (l’équivalent de la gendarmerie) assassinés par balle, et un procureur de la République.

De nombreux bus et stations de métro ont été saccagés ; un dispensaire de la mission Barrio Adentro a été incendié, et les médecins cubains qui se trouvaient à l’intérieur ont miraculeusement pu en réchapper ; neuf camions semi-remorque transportant plusieurs dizaines de tonnes de nourriture à destination des supermarchés publics ont été brûlés – drôle de manière de protester contre les ruptures de stocks -, ainsi que plusieurs camions citernes remplis d’essence ; de nombreux bâtiments publics et ministères ont été attaqués. La Unefa, université publique et gratuite de la ville de San Cristobal a été entièrement rasée par les flammes. Son importante bibliothèque n’est désormais plus qu’un souvenir.

A plus d’un mois du début de cette tentative de déstabilisation, non seulement le gouvernement est toujours en place, mais l’opposition – qui soutient dans les faits la terreur des guarimbas (barricades) – perd du terrain. Ainsi, 85,4% des Vénézuéliens se déclarent opposés à cette forme de protestation [3]. Le président Maduro a même remonté dans les sondages d’opinion : 55,8% des Vénézuéliens voteraient pour lui en cas d’élection présidentielle [4].

Loin des délires médiatiques sur la violation des droits humains au Venezuela, le travail de la médiatrice de la République et de son institution (Defensoria del Pueblo) a été, le 13 mars 2014, placé dans la classe A par le Comité international de coordination des institutions nationales des droits de l’homme et par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme [5]. Une information passée sous silence par la plupart des entreprises de désinformation.

Oubliés aussi les chiffres donnés par le Procureur général de la République : 31 morts, 461 blessés (dont 143 policiers), 1 854 personnes détenues lors des guarimbas et seulement 121 condamnées. Par ailleurs, 1 521 mis en examen ont été remis en liberté.

Parmi les personnes condamnées, Daniel Ceballos, le maire de San Cristobal [6] et celui de San Diego, Enzo Scarrano [7], ont désormais rejoint Leopoldo Lopez sous les verrous pour leur participation active aux guérillas urbaines.

Le maire de San Cristobal en pleine action…

Lire la suite sur le site source : Mémoire des luttes

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